DICTIONNAIRE  DE  LA  F.M.


DICTIONNAIRE  DE  LA  FRANC-MAÇONNERIE

&  DES  FRANCS-MAÇON

Paru aux Éditions SEGNAT (2016)

730 pages  -  € 19,78 TTC

Ouvrage disponible sur Amazon.fr 



COUV DICO(2)


Présentation


La Franc-Maçonnerie, société d’hommes libres et de bon­nes mœurs qui, sans elle, ne se seraient jamais rencontrés, possède ses signes, ses mots et son propre langage. 

De « A », comme « A bas la calotte », jusqu’à « Z », comme «Zo­ro­babel », l’auteur a cherché à recenser toute la terminologie maçonnique ; pour la comprendre d’abord et en don­ner, en­suite, une définition aussi simple et précise que possible, ac­cessible à tout initié, mais aussi compréhensible à tout profane. 

Son « Dictionnaire » – ne contient pas moins de 5 100 En­trées, portant sur l’histoire, les activités, les symboles et les moti­vations d’une société ésotérique trop souvent mé­connue, même de ses propres adeptes. 

• Qu’est-ce qu’un Frère Terrible ? 

• Qu’entend-on par Cène maçonnique ? 

• Que signifie : Habiller une loge ? 

• Pourquoi le franc-maçon reçoit-il un Salaire ? 

Telles sont quelques unes des questions qui trouvent, dans cet ouvrage, fort de quelque 3 848 entrées, qui se veut informatif et sans parti pris, une réponse appropriée.

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Extraits : la lettre « A »


A BAS LA CALOTTE  – Acclamation longtemps entendue dans les loges symboliques du Grand Orient de France avant, et après la séparation de l’Église ca­tho­lique ro­maine et de l’État, en 1905. • Elle est encore utilisée, de nos jours, dans certains ateliers maçonniques, avec malice plutôt que par con­viction anticlé­ri­cale ; accompagnant cette autre acclamation : Vive la Ré­pu­blique ! • L’origine de l’expression est à trouver dans les frictions surve­nues entre l’Église et les républicains laïques à la fin du XIXe et au début du XXe siècles ; la calotte, rappelons-le, étant ce petit bonnet rond que portaient alors les ecclésiastiques : blanc pour le pape, pourpre pour les cardinaux, violet pour les évêques, noir pour le bas clergé.

A COUVERT – Voir : Couvert (Être à).

A LA GLOIRE DE L’HUMANITÉ – Invocation pouvant remplacer, dans les loges (mixtes) du Droit Humain, l’invocation traditionnelle : A la gloire du Grand Architecte de l’Univers.

A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS – Invo­ca­­­tion maçonnique en usage depuis le XVIIIe siècle. • Le Grand Orient de Fran­ce l’a abandonnée en 1877 ; la Grande Loge de France, œu­vrant au rite écossais an­cien et accepté, place toujours ses travaux sous les auspices du Grand Architecte de l’Univers – celui-ci pouvant être re­connu com­me Dieu révélé ou admis comme Principe créateur selon la foi et la conscience du franc-maçon. • Pour les loges de rite écossais rectifié (Grande Loge Nationale Fran­çaise, par exemple), le Grand Architecte de l’Univers est Dieu, le Créa­teur tout-puissant et éternel.

 A LA GLOIRE DU SUBLIME ARCHITECTE DES MONDES – Invo­ca­tion souvent utilisée dans les loges pratiquant le rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm.

 A LEUR PLACE ET A LEUR OFFICE – Au début de chaque tenue, les membres de la loge sont priés de s’installer dans le temple à leur place et à leur office. • A leur place, en fonction de leur grade symbolique : les ap­prentis au septentrion, les compagnons au midi, les maîtres sur l’une et l’autre colonnes. • A leur office, selon les fonctions et les charges qui leur ont été attribuées au sein du Collège des officiers.

A.L.G.D.G.A.D.L.U. – Abréviation de : A la gloire du Grand Architecte de l’Univers. • On la rencontre dans tous les rites, hormis au rite français tel qu’il est pratiqué, depuis 1877, au Grand Orient de France.

 A.L.G.D.S.A.D.M. – Abréviation de : A la gloire du Sublime Architecte des Mondes. • Elle est utilisée dans les loges pratiquant le rite ancien et primitif de Memphis-Misraïm.

A L’ORDRE (Debout et) – Il s’agit d’une annonce ainsi libellée : Debout et à l’ordre, mes Frères, que le vénérable prononce au cours des travaux de loge. Il appartient aux frères présents de se lever et de se mettre à l’or­dre du grade de l’assemblée.

A L’ORIENT DE… – Expression maçonnique. • Le temple maçonnique étant sym­boliquement orienté d’ouest (occident) en est (orient), à l’image du tem­ple de Salomon, le vénérable maître de la loge siège naturellement à l’orient. • Les visiteurs de marque, les vénérables d’honneur sont invités à prendre place à l’orient. C’est encore à l’orient que montent les frères – ou sœurs – pour présenter leurs planches. • A signaler, par ailleurs, que l’orient est un lieu géographique d’implantation : on évoque ainsi une Loge X***, à l’orient de Y***. 

A LA LATITUDE DE… – Expression maçonnique, surtout employée au XVIIIe siècle, dans la correspondance ; où l’on situe une loge par sa position géographique. • En-tête d’une lettre adressée à la loge écossaise, im­plantée à Bor­deaux par le frère Petit de Boulard, le 16 mai 1750 :

• De la Parfaite Loge des Élus Parfaits ou Anciens Maîtres située à Paris,

A la Parfaite Loge d’Élus Parfaits dits Écossais située par les 44 degrés latitude nord…

A MOI LES ENFANTS DE LA VEUVE – Appel de détresse du franc-maçon en danger ; il s’accompagne d’un signe particulier. • Sous la IIIe Répu­bli­que, plusieurs gouvernements auraient, dit-on, été sauvés par l’utilisation de cet appel, solennellement exprimé à la Cham­bre des députés. • On cite, à ce propos, l’intervention à la tribune, en juin 1899, du frère Henri Bris­son, ancien ministre, en vue de rallier l’ensemble des députés francs-maçons au ministère Wal­deck-Rousseau. • Nous ne pensons pas, toutefois, qu’il y ait lieu de donner ici une des­cription du signe de détresse – qui figure d’ailleurs, en bonne place, dans tout ouvrage de vulgarisation maçonnique ; ce signe appartient au grade de maître.

A MOI, MES FRÈRES – Commandement du vénérable maître donné aux frères de la loge pour obtenir un signe d’ordre, une batterie ou une acclamation rituélique. • A ce commandement, les frères présents dans le temple adoptent une position et une attitude déterminées.

A MON COUP DE MAILLET – Expression qu’emploie le vénérable en chaire, avant de faire une an­nonce et de faire appliquer celle-ci par un coup de maillet ; cette an­nonce peut être, notamment, une mise de l’atelier en récréation, ou une reprise des travaux maçonniques. • Employé par le vénérable, le maillet est ici un outil de commandement, symbole de sa fonction et de son autorité ; il est de bois (buis, de préférence), sans mé­tal, conformément à la tradition sa­lo­monienne :

• Lorsqu’on bâtit la maison [pour l’Éternel], on se servit de pierres toutes taillées, et ni marteau, ni hache, ni aucun outil de fer ne furent entendus dans la maison pendant qu’on la bâtissait (1 Rois 6. 7).

A RECULONS – Le compagnon qui se présente à la porte du temple ma­çonnique, pour y être élevé à la maîtrise, doit en franchir le seuil à reculons. Il ne sera autorisé à se retourner qu’après qu’aient été « vérifiés » ses mains et son tablier ; son innocence dans le meur­tre d’Hiram devant être, en préalable, reconnu… • Le terme de ré­tro­­gradation est souvent attribué à cette entrée dans le temple, qui impose au futur maître de faire, en sens inverse, les voyages effectués aux grades précédents. • Sym­boliquement, on peut comparer la marche à reculons à celle du soleil qui, englouti par l’horizon de l’ouest, suit une voie souterraine pour renaître plus lumineux que jamais à l’orient.

A VUE – Qualifie le droit que possède – ou ne possède pas – le grand maître d’une obédience, de créer, constituer et recevoir des francs-maçons en dehors de toute loge régulièrement assemblée. • Le grand maître de la Grande Loge Nationale Française est doté de ce droit à vue.

ABD EL-KADER, El-Hadj – Philosophe et émir algérien (1807-1883), né à Mascara ; il prêcha dès 1832 la guerre sainte contre l’envahisseur français mais, malgré diverses victoires, il dut se soumettre, avant de tenter une nouvelle mais aussi vaine rébellion. Interné, puis exilé, il termina sa vie à Smyrne et Damas. • Devenu fortuitement ami de la France, après avoir sauvé des milliers de chrétiens lors d’importants massacres, il fut invité par la loge Henri IV à devenir franc-maçon. • On ne sait pas grand chose, pour ne pas dire rien, de ses activités ma­çonniques.

ABEILLE – Laborieuse, organisée, infatigable, l’abeille est, d’une façon gé­nérale, le symbole de l’humanité soumise à la loi de Dieu. • Elle est aussi la représentation de la régénération de l’espèce humaine qui, de génération en génération, œuvre sans discontinuer sur le chemin infini de l’existence collective. • Cet insecte a longtemps symbolisé la con­tinuité et la persévérance au travail. • Récupéré par le pre­mier Em­pire qui en avait fait son emblème, le symbole maçonnique a dis­paru avec la chute de Na­poléon III et l’orientation républicaine du Grand Orient de France.

ABELITES, ABELONITES – Les Fils d’Abel on constitué, au milieu du XVIIIe siècle, en Allemagne, une société secrète paramaçonnique faisant usage de mots de passe, de signes et de rituels de réception. • Selon un pamphlet publié, en 1746, à Leipzig, la société reposait sur des principes chrétiens de moralité et de philanthropie ; sa devise était : Sincé­rité, amitié et espoir.

ABIBALA, ABIRAM – Nom attribué à l’un des trois compagnons scélérats, responsables de la mort de Maître Hiram, l’architecte mythique du temple de Salomon. • Se­lon certaines traditions maçonniques, Sterkin, ou Stolkin, se trouvait pos­té à la porte du midi ; Abibala ou Alabiba était à la porte d’occident ; enfin Oterfut ou Oterfurt attendait à la porte d’orient. • Selon d’au­tres sources, les trois compagnons se nommaient Abi­ram, Gra­velot et Romvil ; Eleham, Sterkin et Zeomet ; Ju­belas, Ju­be­los et Jubelumo; Garavlot, Gravelot et Gravenlot, etc.

ABI, ABIF – Qualificatifs attachés au nom de l’architecte du temple de Salo­mon ; tirés de l’hébreu (abi ou avi), ils signifient « mon père ». Voir, dans l’Ancien Testament, Chroniques 2, 12-13.

ABÎME – Il s’agit des profondeurs inconnues de l’océan ; mais encore d’un lieu de ténèbres où prévalent des forces mystérieuses redoutables. • L’abî­me est le royaume de la mort, de l’inconscient de l’âme, de la dé­tresse et de la perdition, que l’homme se doit pour son salut explorer. • L’abîme, ou abysse, n’intervient dans le symbolisme maçonni­que que pour certains hauts grades.

ABJURATION – Action d’abjurer, d’abandonner solennellement une opinion ou un état ; à ne pas confondre avec le parjure. • La plus célè­bre des abjurations maçonniques est celle de Phi­lippe Égalité, duc de Chartres, de Montpensier et d’Or­léans, prince du sang (1747-1793). • Grand maître du Grand Orient de France pendant vingt ans, Louis-Philippe d’Orléans fit publier dans Le Journal de Paris, daté du 24 février 1793, une lettre dans laquelle il affirmait ne plus vouloir se mêler en rien « du Grand Orient, ni des assemblées de francs-maçons ». • Philippe-Égalité, qui avait en janvier 1793, sans le moindre état d’âme, voté la mort de son «cousin» Louis XVI, fut guillotiné le 6 no­vembre de la même an­née.

ABOMINABLE – Qui est détestable, qui inspire de l’horreur ou de l’aversion. • Qua­lificatif donné, dans certains hauts grades maçonniques, à Phi­lippe le Bel, roi de France, et à Clément V, pape romain, pour leurs res­- ponsabilités dans la persécution des templiers et la disparition de l’Ordre du Temple.

ABORDS DU TEMPLE SONT MUETS (Les) – Le vénérable – de rite an­cien et primitif de Memphis-Misraïm – s’apprête à ouvrir les travaux ma­­çonniques au grade d’apprenti. • Le second surveillant demande au frè­re couvreur :

• Frère couvreur, assurez-vous que nous sommes en sûreté. 

• Le frère cou­vreur entrouvre la porte du temple et interroge le gardien de l’extérieur. Il referme ensuite la porte et répond : 

• Frère second sur­veil­lant, les abords du temple sont déserts, l’écho demeure silencieux, nous sommes à couvert (Rituel maçonnique).

ABOUT, Edmond-François-Valentin – Journaliste et écrivain (1828-1885), né à Dieuze (Moselle) ; mem­bre de l’Académie française. Auteur de nombreux romans dont Le roi des montagnes, et L’homme à l’oreille cassée. • Edmond About fut longtemps mem­bre de la loge Saint-Jean-de-Jé­ru­salem, à l’orient de Nancy.

 ABRÉVIATIONS – Les abréviations étaient cou­­­­rantes au XVIIIe siècle; elles constituent encore, pour le monde profane, l’une des prin­­cipales ca­ractéristiques du langage maçonnique. • On écrit ainsi :

• T. C. F. pour Très Cher Frère ; 

• TT. CC. FF. pour Très Chers Frè­res. 

– Les points peuvent être uni­ques ou au nom­bre de trois : 

• G ... L ... D ... F ..., pour Grande Loge de France ;

• G ... O ... D ... F ..., pour Grand Orient de France.

– Parmi les expressions le plus souvent pointées figurent :

• A.L.G.D.G.A.D.L.U. pour A la gloi­re du Grand Ar­chitecte de l’U­ni­vers, 

• L.A.D.L.V.L. pour L’an de la vraie lumière,

• P.L.N.M.C.D.S.E.L.M. pour Par les nombres mystérieux connus des seuls et légitimes maçons.

– A relever, pour le pittoresque de la chose, cette abréviation :

• A.L.G.D.G.A.D.L.U.E.A.L.R.D.G.O. pour A la gloi­re du Grand Ar­chi­tecte de l’Univers et à la réalisation du Grand Œuvre. 

• A noter cet en-tête d’une lettre adressée de Paris le 19ème jour du Ier mois 5747 (1747) par le frère Lamolère de Feuillas : 

T. R. G. M. P. E. S. S. G. O. E. T. L. R. F. D. L. G. L. D.’E. A. B. S. L. P. D. G. A. D. L.

Qu’il faut ainsi déchiffrer : Très Respectable Grand Maître, Premier et Se­cond Surveillants, Grands Officiers et tous les Respectables Frères de la Grande Loge d’Écosse édifiée à Bordeaux, Saluons la Perfection du Grand Architecte de l’[Univers]. C.Q.F.D.

ABSCON – Difficile à comprendre. • Par l’emploi répété d’initiales et de points symboliques formant triangles, le langage écrit maçonnique, même de nos jours, est volontairement rendu abscon, voire impossible à lire et à comprendre par le non-initié.

ABSENCE – Toute absence de la loge doit, pour tout maçon, être mo­ti­­vée et excusée – avec une contribution financière, volontaire, au tronc de la veuve ; l’absence devenant alors absence excusée avec obole.

ABSENCE DE TABLIERS – Sept degrés supérieurs du rite écossais an­cien et accepté se distinguent des autres par l’absence de tablier dans leur habillement maçonnique. • Ce sont les 25e, 27e, 29e, 30e, 31e, 32e et 33e degrés.

ABSENTÉISME – Absence non motivée. Un absentéisme trop souvent répété entraîne, pour un maître maçon, la perte du droit d’être candidat à un poste d’officier ou de représentant (député) de loge.

ABSTENTION – Les loges maçonniques refusent, d’une façon générale, toute possibilité d’abstention dans les scrutins organisés dans le temple maçonnique, et plus particulièrement pour ce qui concerne l’admission éventuelle d’un candidat profane, considérant que les francs-maçons ont pour devoir pre­mier d’assumer leurs responsabilités. • Le vote maçonni­que est exprimé, selon les cas et l’importance de la décision à prendre, ma­nuellement, par voie de bulletins ou de boules : blanches pour l’acceptation, noires pour l’opposition. D’où l’origine du verbe blackbouler. 

 ACACIA – Symbole maçonnique de l’immortalité et de la régénération de l’homme; emblème de la vie mise au service de l’intérêt général. L’aca­cia est étroitement lié au mythe d’Hiram. • Au tuileur qui l’éprouve, le maître maçon dit : L’acacia m’est connu ! • Dire que l’on connaît l’acacia, c’est affirmer que l’on n’ignore rien du drame symbolique de la mort du maître, que l’on reste conscient de la revivification du vieil homme. • Les penseurs maçonniques se plaisent à souligner que l’acacia, connu des francs-maçons français, n’est pas celui de la tombe d’Hi­ram. Il ne faut pas, en effet, confondre le robinier européen avec l’acacia du désert, con­nu sous le nom de shittim. • C’est avec le shittim, symbolisant la pureté et l’immortalité, que les hébreux firent leur arche d’alliance, et plus tard, en raison de ses épines acérées, la couronne royale du Christ.

ACACIA M’EST CONNU (L’) – Traditionnellement se révèle une progression symbolique dans les questions d’ordre posées aux nouveaux ini­tiés :

n Premier degré (apprenti), • D. - Êtes-vous franc-maçon ? • R. - Mes frères me reconnaissent comme tel.

n Deuxième degré (compagnon), • D. - Êtes-vous compagnon ? • R. - J’ai vu l’étoile flamboyante.

n Troisième degré (maître), • D. - Êtes-vous maître maçon ? • R. - L’acacia m’est con­nu.

Il n’est pas suffisant pour le maître maçon d’avoir été reconnu, ou d’avoir vu pour prétendre être ; il faut encore « connaître ». • Celui qui connaît l’acacia est celui qui, parvenu sur le chemin initiatique, est en marche vers le spirituel, là où l’attend le Grand Architecte de l’Univers.

 

ACADÉMIE – Société de gens de lettres, de savants et d’artistes. • La mo­de des académies prévalut surtout au XVIIe siècle. Apparurent au XVIIIe les loges maçonniques et les salons aristocratiques et littéraires. Le XIXe connut les cercles et les maisons dites de tolérance. Régnèrent au XXe les service clubs du genre Rotary, Lion’s ou Kiwanis. • Il n’en de­meure pas moins qu’au XXIe siècle, la Maçonnerie est toujours présente dans la société, poursuivant inlassablement sa tâche de rassembler ce qui est demeuré épars et de réunir les hommes sages et vertueux qui, sans elle, n’au­- raient pu se rencontrer.


ACANTHE – Plante dont les feuilles sont d’une re­marquable beauté ; ornement caractéristique d’un chapiteau des ordres d’ar­chi­tec­ture grecs. • Certains auteurs, rattachant les trois piliers de la lo­ge (Sagesse, Force, Beauté) à ces ordres, font corres­pondre le pilier de la beauté à la colonne corinthienne, la plus belle et la plus élancée par ses proportions.

ACCEPTATION – Action de recevoir, d’accepter, d’être reçu ; fait par le­quel des maçons opératifs ont admis en leur sein des aristocrates, des bour­geois qu’ils voulaient honorer ou dont ils avaient des avantages à retirer. • On ignore encore à quelle date, à quelle période l’acceptation est de­venue chose courante – sans doute aux XVIe et XVIIe siècles. • La première acceptation connue se produisit en l’an 1600 à la loge Saint Mary’s Chapel d’Édimbourg (Écosse), ainsi qu’en témoignent des documents parvenus jusqu’à nous. Elle impliquait John Boswell, mem­bre d’une illustre famille écossaise ; celui-ci y est qualifié de non-opératif.


ACCEPTÉ – Un franc-maçon accepté est un franc-maçon qui a été reçu (ac­cepté) dans la confrérie opérative, sans appartenir au mé­tier. • L’un des premiers francs-maçons acceptés notoires, dont l’histoire a conservé le nom, fut Elias Ashmole, archéologue et physicien an­glais. • Dans son journal intime, celui-ci inscrivit, à la date du 16 octobre 1646, son admission au sein d’une loge implantée à Warrington, dans le comté de Lan­cashire. 


ACCLAMATION – Cri de joie, d’admiration ou d’enthousiasme. Cri ri­tuel et ternaire, en­tonné par les frères participant à une tenue ma­çon­ni­­que. • Vivat, vivat, semper vivat ! disait-on au XVIIIe siècle (Qu’il vive, qu’il vive, qu’il vive toujours !), en faisant référence à la mort de Maître Hiram. • Houz­­zé, houzzé, houzzé ! dit-on aujourd’hui au rite écossais an­cien et ac­cepté, ce qui signifie selon l’hébreu ou l’arabe : force, vie. • Et Liberté - Égalité – Fraternité au rite français du Grand Orient de France.


 ACCLAMATION DE DEUIL – Elle accompagne la batterie de deuil, et se compose de trois maximes successives :

Gémissons !

Gémissons ! Gémissons !

Gémissons ! Gé­mis­sons ! Gé­missons ! Mais espérons !


ACCLAMATION D’ALLÉGRESSE – Elle accompagne la batterie d’allégresse, et se compose de trois maximes successives : 

Espérons !

Espérons en confiance !

Espérons en confiance et sérénité !


ACCLAMATION ÉCOSSAISE – Présente, en diverses occasions, dans les travaux de loge du rite écossais ancien et accepté, l’acclamation dite écossaise n’était, semble-t-il, pas connue des francs-maçons français avant l’établissement du rite en France, au début du XIXe siècle. • On la trouve pour la première fois dans le Guide du Maçon Écossais, aux environs de 1805 ; qui précise qu’après chaque santé du banquet d’ordre : On applaudit par la triple batterie et le triple Houzzé. • En 1962, la Grande Loge de France, de rite exclusif écossais ancien et ac­cepté, a adopté l’orthographe Oz’zé ; en 1972, Houzzai ; en 1984, Houzzai et Oz’zé ; en 1992, enfin : Houzzai. • Signification donnée au mot : Ceci est ma force.


ACCOLADE FRATERNELLE – Triple embrassade échangée par des francs-ma­çons se rencontrant à couvert, c’est-à-dire hors de la présence de profanes – qui pourraient s’en montrer surpris, sinon choqués. • L’ac­co­lade fraternelle va généralement de pair avec le tutoiement; du moins de nos jours car, au XVIIIe siècle notamment, le vouvoiement était de rigueur entre frères, en toutes circonstances.


ACCOMPAGNATEUR – Qualificatif parfois donné au maître des cérémonies, officier de la loge chargé d’accompagner le postulant à l’initiation des ténèbres à la lumière, d’introduire les dignitaires en visite dans le temple, de précéder enfin les frères lors de leurs déplacements.


ACCOMPAGNEMENT – Aucun frère ne peut se déplacer dans le temple, lors d’une assemblée rituelle, sans être conduit et précédé par le maître des cérémonies, revêtu des insignes de sa charge et armé de sa canne. • Lors­qu’un visiteur de marque se présente à la porte du temple (haut dignitaire ou inspecteur de loge), une commission de frères est envoyée sur le parvis en vue de l’accompagner solennellement jusqu’à l’orient.


ACCOUTUMÉ (Comme à l’) – Qualifie une pratique rituelle fréquem­ment renouvelée.


 ACHÈVEMENT – Il ne peut y avoir d’achèvement, c’est-à-dire de fin, dans le travail initiatique effectué par le franc-maçon ; l’illustration symbolique en est donnée par le temple (de Salomon) dont les colonnes se dressent à ciel ouvert, dominées par l’infini. • Quoi que l’homme accomplisse dans sa courte vie, il restera toujours des efforts à déployer pour ceux qui le suivront avant que ne puisse être atteint le Grand Œuvre.


 ACOLYTE – Nom donné, au XIXe siècle, au diacre d’une loge de rite de Misraïm.


 ACQUIT – Terme compagnonnique. • Au moment de quitter une cayenne, tout com­pagnon du Tour de France se doit de lever son acquit, c’est-à-dire acquitter les dettes qu’il a pu faire pendant son séjour. • Le lever d’acquit permettra à l’intéressé de partir avec honneur et de pouvoir de­mander travail et hébergement auprès d’une autre cayenne.


ACROSTICHE MAÇONNIQUE – L’acrostiche, jeu consistant à poser en devinette un mot ou une formule entière, était très en vogue au XVIIIe siècle. • Voici, définies en acrostiche, les vertus du… franc-maçon :


Former sur la vertu son cœur et sa raison,

Reconnaître des lois la Sagesse Suprême,

Abhorrer l’imposteur ainsi que sa leçon,

Ne point nuire au prochain, l’aimer comme soi-même,

Ce sont là les vertus que possède un Maçon.


Mortels, qui jouissez d’un bien si désirable,

Apprenez aux humains l’art d’être vertueux.

Conduisez-moi de grâce au temple mémorable

Où je puisse avec vous, par l’organe des dieux,

Ne parler désormais que de leur langage aimable.

(Extrait des Rituels du marquis de Gages, 1763).


ACTA LATOMORUM, ou Chronologie de l’histoire de la Franche Maçonnerie française et étrangère – Ouvrage en deux volumes pu­blié, en 1815, par Claude-Antoine Thory (1757-1827), qui connut un long et important succès. Il y est fait mention de documents maçonniques au­jourd’hui disparus. • Le titre latin vient de latomus : tailleur de pierre – soit Actes des tailleurs de pierre, des maçons, des francs-maçons.


 ACTE D’UNION (1813) – Traité d’union, conclu en 1813, entre la Gran­de Loge d’Angleterre (dite de 1717, ou des Moderns) et la Grande Lo­ge des Maçons Libres et Acceptés selon les Vieilles Institutions (dite d’Atholl, ou des Antients), amenant la création de la Grande Loge Unie des Anciens Francs Maçons d’An­gleterre, toujours en activité au Royaume Uni. • Neuf ans plus tôt, soit le 4 décembre 1804, avait été conclu, à Paris, un Acte d’union et Concordat, sous l’impulsion de l’empereur Napoléon Ier, entre le Grand Orient de France et la toute nouvelle Grande Loge Symbolique Écossaise – créée par le comte Auguste de Grasse-Tilly –, en vue d’établir un Ordre maçonnique unique.


ACTIF – Est actif le franc-maçon assidu aux réunions de sa loge et à jour de ses cotisations ; est en sommeil (ou en congé) celui qui, pour des raisons diverses, à cessé momentanément ses activités maçonniques.


ACTION DE GRÂCES– Témoignage de reconnaissance rendu à Dieu. L’action de grâces a longtemps fait partie de la rituélie maçonnique. • La République et la laïcité ont eu raison de cette pratique d’origine religieuse.


 ACTIVITÉ (En) – État d’un franc-maçon qui remplit ses devoirs ma­çon­ni­ques, en participant activement aux assemblées de sa loge. • État d’une loge tenant de façon continue des assemblées régulières.


  AD VITAM – Pour toujours, à vie ; qualificatif donné, au XVIIIe siècle, aux maî­tres de loge inamovibles : vénérable ad vitam.


 ADAM – Premier homme, selon la Bible des hébreux, des juifs et des chrétiens ; dieu lui associa une compagne, formée à partir de l’une de ses côtes. • Placé dans le paradis terrestre, Adam ne sut résister à la défense qui lui était faite de toucher aux fruits de l’arbre de la science du bien et du mal.

n Adam, notre premier parent, créé à l’image de Dieu, le Grand Archi­tecte de l’Univers, a écrit le révérend James Anderson, dans son Livre des Constitutions (1723), dut avoir les sciences libérales, particulièrement la Géo­mé­trie, écrites sur son cœur ; car même depuis la chute nous en trouvons les principes dans le cœur de ses descendants…


ADDITIONAL DEGREES – Se refusant à admettre le principe des hauts grades maçonni­ques, la Franc-Maçonnerie britannique a réservé aux grades de Royal Arch ou de Mark le qualificatif de additional degrees (de­grés additionnels) ou de side degrees (degrés latéraux). • Ainsi, depuis 1813, la Grande Loge Unie d’An­gle­terre peut-elle, logi­que avec elle-même, ne reconnaître ouvertement que les seuls trois grades symboliques.


 ADEPTE – Celui qui adhère à une doctrine après en avoir appris les prin­cipes ; en Franc Maçon­ne­rie, celui qui a été initié.


ADHUC STAT ! – Devise latine du grade d’apprenti au rite écossais rectifié, ayant pour signification : il (ou elle) se tient encore debout. La devise ac­compagne en chambre d’apprenti la représentation figurative d’une colonne brisée en son sommet, dressée sur sa base :


ADJOINT – Certains offices de la loge peuvent disposer d’un adjoint ; il en est ainsi pour ceux de secrétaire, de trésorier, de maître des cérémonies ou d’expert. • Par contre, il ne saurait y avoir d’adjoint élu pour le vénérable, le premier et le second surveillants.


ADMINISTRATIFS (Grades) – Qualificatif attribué aux 31e, 32e et 33e degrés du rite écossais ancien et accepté, c’est-à-dire ceux de Grand Inspecteur Inqui­si­teur Com­mandeur (31e), Su­blime Prince du Royal Secret (32e) et Sou­ve­rain Grand Ins­pec­teur Général (33e).


ASSOCIATION – Sur un plan légal, la loge se présente com­me une association dont les statuts et les noms de ses dirigeants sont déposés en préfecture ou sous-préfecture du département d’activité. • Son fonctionne­­- ment admi­nistratif est régi par la Loi de 1901 sur les Associations.


ADMISSION (Demande d’) – L’admission en loge résulte toujours d’un acte volontaire du profane intéressé. Après avoir choisi «osono» obédien­ce, le candidat franc-maçon doit présenter une demande écrite, accompagnée d’un curriculum vitae, d’un ex­trait de casier judiciaire et de pho­to­graphies personnelles, à l’obé­dien­ce elle-même, ou à une loge dé­ter­mi­née dont il peut connaître un des membres. • Il s’ensuivra une succession de procédures au sein de la loge, faite de scrutins, d’enquêtes, de comparution sous le bandeau, pouvant fi­na­lement con­duire à l’initiation du candidat ou au rejet de sa candidature.


ADOGMATIQUE – Est adogmatique celui qui n’admet pas les croyances, les doctrines, les dogmes établis ou imposés ; par nature la Franc-Maçon­nerie est adogmati­que.


 ADONAÏ – Un des noms substitués à Yahvé (Jéhovah : Celui qui est), le nom que l’on ne peut prononcer. • Pour le franc-maçon – à qui il n’est pas demandé d’être croyant, hormis en certains rite et obédience – ce nom peut se rapporter symboliquement au Grand Architecte de l’Univers.


ADONIRAM ou ADONHIRAM – Souvent assimilé à maître Hiram, l’ar­chitecte du temple de Sa­lo­mon, fils d’une veuve de la tribu de Nephthali et d’un père tyrien (1 Rois 7. 13-14), Adonhiram (ou Adoniram, selon les traductions) était, toujours selon le Livre Saint (1 Rois 4. 6) : fils d’Abda et préposé sur les impôts ou (1 Rois 5. 13-14) : surveillant des hommes de corvée. • Dans une suite apportée au mythe d’Hi­ram, Salo­mon au­rait choisi Adonhiram comme chef des travaux pour terminer la construction.


ADOPTION – Cérémonie maçonnique au cours de laquelle une loge adopte le ou les enfants de l’un de ses membres – parfois passé à l’orient éternel. Ceux-ci pourront trouver dans la loge, en cas de nécessité, aide morale et assistance matérielle. • Les enfants adoptés, reconnus comme tels en tenue blanche particulière, sont dénommés louveteaux. • Le qualificatif d’adoption a été éga­­lement don­né aux premières loges féminines, étroitement sur­veil­lées par des frères.


ADULTÈRE – Est adultère celui qui a des rapports sexuels en dehors des liens du mariage. • Dans la Franc-Maçonnerie opérative allemande, l’adultère était un motif de refus d’admission ou d’exclusion de la confrérie. • On relève ainsi dans les Statuts de Ratisbonne (1498) : Aucun maître ni entrepreneur ne doit engager un apprenti qui ne soit marié… Si un apprenti se conduit mal au point sentimental et en dehors du mariage, il doit perdre le bénéfice de ses années d’apprentissage.


AFFAIRE DES FICHES – Scandale politique survenu en 1904 suite à la découverte de la mise en fiches, par le ministère de la Guerre, des officiers de l’armée française en activité – ceci avec l’aide active du Grand Orient de France. • Il s’agissait d’apprécier les convictions religieuses, philosophiques et politiques des cadres de l’armée en vue de déterminer leur avancement; près de 19 000 fiches individuelles furent ainsi transmises par le secrétariat de l’obédience au cabinet du ministre de la guerre. • L’Affaire des fiches, quand elle fut connue, fit grand bruit dans les mi­lieux politiques, montrant aux frères impliqués (dont un capitaine, gendre d’Ana­- ­tole France), s’il en était besoin, que la Franc-Maçonnerie n’avait pas à s’impliquer d’une telle façon dans les affaires profanes.


AFFAIRE MORGAN – Elle survint aux États-Unis, en 1826, dans la ré­gion des lacs et de Niagara, avec la disparition d’un certain William Morgan qui s’apprêtait à publier des révélations sensationnelles sur la Franc-Maçonnerie. • Rendus responsables d’un crime sans cadavre, les francs-maçons américains firent, dès lors, l’objet d’ardentes campagnes de dénigrement de la part d’églises et de sociétés bien-pensantes. Il se créa même un « parti antimaçonnique» parmi leurs opposants acharnés. • Critiqués, conspués, voire violentés, les adeptes de la Franc-Maçonnerie eurent beaucoup de mal à résister aux attaques. 


AFFAIRE STAVISKY – Affaire d’escroquerie dont fut victime le Crédit municipal de Bayon­ne, survenue en 1934, suite aux agissements délictueux d’un hom­me d’affaires d’origine russe, Alexandre Stavisky – que d’au­cuns présentèrent comme franc-maçon. • L’Affaire Stavisky n’impliqua pas directement les obédiences maçonniques, mais celles-ci firent néanmoins l’objet de virulentes attaques. Ainsi le journal Le Jour put-il faire paraître un article intitulé : Com­ment la mafia Maçonnerie est mêlée au scandale Stavisky. 

AFFAIRISME – On a souvent reproché à la Franc-Maçonnerie, en raison de ses règles de « société secrète », de constituer un réseau d’affaires lou­ches, occultes, voire mafieuses. • Et tout nouveau scandale impliquant un franc-maçon prend, dans la presse, des proportions considérables alors que les qualificatifs de maghrébin, homosexuel, ou gitan sont désormais, au nom des droits de l’homme, totalement mis à l’index lorsque ceux-ci pourraient être liés au moindre délit ou crime. • Il est vrai que la Franc-Maçonnerie, comme toute société humaine, favorise les contacts amicaux, les échanges d’idées, les relations fraternelles ; à l’image même des cercles familiaux, des clubs sportifs ou des sections syndicales ou politiques. • Ce qui ne veut pas dire que les gens qui se con­naissent et se fréquentent n’au­ront pour but commun que d’enfreindre la loi et la moralité.


AFFICHAGE – Lorsqu’un profane pose sa candidature pour entrer en Maçonnerie et que son dossier est instruit par une loge donnée, une fiche de renseignements et une photo d’identité le concernant sont affichés dans la salle des pas perdus ou le hall d’accueil de celle-ci, ainsi qu’au siège de l’obédience. • Tout frère de l’obédience, ou d’une obédience amie, qui pourrait avoir à se plaindre des qualités morales ou civiques du candidat se doit alors de fai­re connaître les informations en sa possession.


AFFILIATION  – Tout frère changeant de domicile permanent est invité à s’affilier, c’est-à-dire à se faire inscrire sur le tableau de la loge la plus proche. • L’af­filiation se fait sur approbation préalable des mem­bres de ladite loge et dans la mesure où ledit frère, s’il a l’âge – maçonnique – requis, est à jour de ses cotisations.  • L’af­filiation est active dans la mesure où le frère affilié est désormais reconnu comme un membre à part entière, avec droit de vote et possibilité, selon son âge maçonnique, d’être élu officier.


AFFILIATION LIBRE – Traditionnellement l’affilié libre ne sup­­porte aucune charge, mais ne peut, de ce simple fait, remplir aucune fonction ni prendre part aux scrutins de la loge qui l’a affilié. • Ce type d’affiliation in­téresse le franc-maçon qui, pour des raisons d’éloignement, ne peut fréquenter assidûment 

© Guy Chassagnard 2019