LE  REGIUS


1390 - Le Manuscrit Regius


En ce temps là, Charles VI le Fol règne de concert, en France, avec Isabeau de Bavière. Le roi Richard, fils aîné du Prince Noir veille au destin de l’Angleterre. Un clerc – ou plusieurs, peut-être – de la région des Midlands s’attelle à la composition d’un poème, long de quelque 800 vers, en vue de conter l’histoire et d’établir les statuts des maçons du royaume.


« Ici commencent les statuts de l’Art de Géométrie, selon Euclide…


« En ce temps là, de par la Géométrie,


« Cet honnête métier qu’est la Maçonnerie


« Fut conçu, constitué et organisé


« Par une noble assemblée de clercs… »


Le Regius – tel est le titre communément donné au poème qui comporte six parties : d’abord une brève histoire de la Maçonnerie, ensuite les statuts de la corporation des bâtisseurs, une évocation de la vie des Quatre Couronnés, la cons­truction de la tour de Babel, un éloge des sept Arts libéraux, enfin un code de savoir-vivre. 


C’est, selon le texte historique, « par la bonne science de Géo­métrie » que débuta le Métier de la Maçon­nerie. Euclide le fonda au « pays d’Égypte » d’où, de nombreuses années plus tard, il gagna l’Angleterre « au temps du bon roi Athel­stan » – qui fit construire des ma­noirs et des temples de grand renom pour honorer son Dieu, « de tout son cœur ».

 

Dans la partie consacrée aux statuts de la corporation, il est notamment précisé que le maître ma­çon doit être digne de con­fiance, constant, loyal et sincère ; on doit pouvoir se fier à lui. Il a no­tam­ment pour obligation de rémunérer ses ouvriers en fonction du coût de la vie.

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© Guy Chassagnard 2019